Les Actionnaires du Galop ont sollicité votre point de vue sur la charte qui est en cours d'élaboration à France Galop.
Voici les différentes contributions à ce Forum.

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de la présidente des Actionnaires du Galop


Le contexte

Une charte des droits et des devoirs de tous les acteurs des courses

On en parle depuis des années. Le projet fut repoussé pour cause d'élections. Celles-ci passées, le sujet revient sur la table. Et les Actionnaires du Galop ont beaucoup oeuvré pour que ce projet aboutisse.
En attendant vos réactions dans notre forum, vous pouvez lire la contribution de Corine Barande-Barbe qui fait le point sur ce projet.


Vos réactions,
recueillies sur notre Forum,
par ordre chronologique inversé





Le point de vue de la présidente des Actionnaires du Galop
par Corine Barande-Barbe

L’idée de cette Charte est née en septembre 2005 et mijote depuis… ayant été jugée inopportune à l’approche des élections de fin 2007. Le moment est adéquat pour lui donner enfin vie. D’autant plus que nous entrons dans une nouvelle ère avec de nouveaux interlocuteurs
Pour autant, cet événement mérite une construction sérieuse et une définition rigoureuse à la fois des devoirs et des droits, non seulement des acteurs mais aussi de leurs interlocuteurs.

Concernant la communication, soyons clairs : le départ de l’idée d’une charte n’est pas venue du silence des uns, mais plutôt des débordements médiatiques des autres !
La meilleure image à offrir est un beau spectacle et des courses régulières. La bonne information est une communication sur l’ensemble des concurrents qui relève de la compétence des « animateurs ».
Les acteurs sont tous là pour gagner et s’occuper de leurs compétiteurs.
Le silence systématique de certains en agace d’autres … Ce n’est pas un manque de respect quand il accompagne un parcours irréprochable et des statistiques exemplaires. D’ailleurs, les turfistes ne s’y trompent pas qui suivent en masse les chevaux qui sont à l’arrivée sans commentaires.
Il n’y a pas plus d’information et de respect du grand public dans les messages ciblés et souvent amers éructés sous le coup de la colère. L’intérêt général n’est pas la somme d’intérêts particuliers et les prises à partie orientées n’incitent pas vraiment à donner la parole aux acteurs, à chaud. La vindicte n’améliore ni la gouvernance ni le plaisir du spectateur.

Je ne comparerais pas notre sport incomparable avec le tennis qui n’est pas aujourd’hui support d’enjeux (il évoluera très certainement si il le devient). Toute communication sur les courses implique une notion de responsabilité parce qu’elle oriente les enjeux des turfistes.
En termes d’image, nos différences sont nos meilleures armes et il ne serait pas cohérent de multiplier les explications au public, de lui enseigner l’étendue des paramètres pour vouloir ensuite tout expliquer en quelques secondes après la course ? Les chevaux ne sont pas des raquettes …
L’analyse d’une course d’une minute trente réunissant de nombreux concurrents n’est pas une science exacte. Trop de données influent sur le résultat et si il y a des entraîneurs, contrairement au tennis, il y a deux sportifs : le cheval et le jockey. Le principal athlète ne s’exprimant jamais …
Parler de la course à chaud ? Si on a gagné, pas de problème. Mais l’expérience prouve que la défaite a de multiples raisons qui se dessinent parfois plusieurs heures, voire jours, après l’épreuve : saignements de nez, boiteries, micro fractures, aptitude au terrain, au parcours, crise de croissance, grippe latente…L’explication qui vient à l’esprit de l’entourage au passage du poteau est bien plus subjective qu’après un duel de plusieurs heures à Roland Garros !
L’histoire des courses montre que rien n’est sûr et c’est ce qui passionne à la fois turfistes et propriétaires.
La communication obligatoire peut amener à dire n’importe quoi … Que serait le devoir de communiquer sans un devoir de réserve ?

UNE CHARTE OUI, MAIS SUR DES BASES REALISTES, DEMOCRATIQUES ET RECIPROQUES
Définissons les « acteurs des courses » et autres parties prenantes :

Les turfistes ont droit au respect et à l’information en tant que clients de la filière… C’est également le cas des propriétaires qui sont à la fois des acteurs et des investisseurs indispensables.
Les jockeys sont incontournables, leur talent et leur moral peuvent faire ou défaire la qualité du spectacle. De plus en plus sollicités, ils risquent leur santé et parfois leur vie pour sauvegarder les intérêts de tous et révéler le potentiel de leurs montures.
Les entraîneurs ont quant à eux l’énorme responsabilité de soigner et préparer les compétiteurs. Cela ne peut se faire sans une équipe d’employés très organisée. Ils sont le lien entre les éleveurs, les propriétaires et les jockeys. Ils rendent aussi des comptes à l’Institution, au public et aux organismes sociaux. Ces infatigables chefs d’orchestre ne sont pas des magiciens, ils méritent soutien et respect.
Les commissaires travaillent à l’écriture et à l’application du Code. Ils doivent se faire mieux connaître et reconnaître. Expliquer leur recrutement, leur formation, leur compétence, leurs critères … Et s’appliquer à l’harmonisation des décisions

Toute règle trouve son fondement dans la justice, l’égalité de traitement et la réciprocité, garante du respect. Ces notions préservées de part et d’autres, induisent la bonne conduite. Ainsi, dans la construction de la Charte, l’Institution France Galop doit s’engager sur la transparence, mais aussi sur la prise en compte des demandes des acteurs et leur droit à une réponse. Le Comité qui fait office d’Assemblée Générale ne doit pas se contenter d’entériner en ronronnant : Tribune d’échanges, il peut ouvrir des débats constructifs, évitant les colères médiatiques, pressions secrètes et autres polémiques stériles. Les instances émanant du Comité ne doivent pas disparaître mais au contraire travailler et rendre compte. De point en point, un bilan doit être fait : le travail et les réponses obtenues … C’est cela la concertation.
Les acteurs méritent la confiance et la création d’une structure polyvalente : recueillir les doléances sûrement, mais aussi les  propositions. On apprend beaucoup à écouter ceux qui, sur le terrain,  ont l’obligation de réussir ! Un médiateur peut désamorcer les conflits et développer l’imagination.

La création d’une Charte doit se faire en concertation et s’inscrire dans une réforme de la Communication.
Préparer ainsi l’ouverture imposée aux courses peut devenir l’occasion d’évoluer dans la transparence et d’améliorer le fonctionnement, ne serait-ce qu’en l’expliquant mieux.
Tant de critiques et de déceptions naissent de l’incompréhension !