Les
Actionnaires du Galop ont sollicité votre point de vue sur les
propositions de réforme du programme classique français.
Voici les différentes contributions à ce Forum en octobre
2004.
1)
Cliquez ici pour lire le résumé du projet
2)
Cliquez ici pour lire toutes vos contributions au Forum
3)
Cliquez ici pour lire le point de vue
de la présidente des Actionnaires du Galop
Le
résumé du projet
PROGRAMME
CLASSIQUE - Modifications proposées
•
La réduction de la distance du Jockey-Club de 2400 à
2100 mètres
• La refonte des filières menant au Jockey-Club avec,
notamment, la suppression du Lupin
• Le remplacement du Grand Prix de Paris (3ans-2000m) et du
Grand Prix de Saint-Cloud (3 ans et plus – 2400 m) par deux
Groupes 1, l’un à Longchamp, fin juin, pour 4 ans et
plus sur 2400 m l’autre à Saint-Cloud, mi-juillet, pour
3 ans sur 2400 m.
• La réduction de la distance du Jean Prat de 1800 à
1600 m et son déplacement en juillet.
Rehausser la dotation du Jockey-Club de 1.1 M€ à 1.5 M€
Doter le nouveau Groupe 1 réservés aux 3 ans sur 2400
m 0.8 M€ au mois de juillet (contre 0.5 M€ au Gd Px
de Paris actuel)
« Bonus » de 1 M€ pour le gagnant du nouveau
Groupe 1 sur 2400 m si c’est également le gagnant du
Jockey-Club ou la gagnante du Prix de Diane.
Ce
projet a été approuvé par le Comité Européen
des Courses Principales qui s’est réuni à Londres
le mardi 19 octobre 2004, sous réserve d’informations
complémentaires sur le niveau des allocations proposées
pour les nouvelles courses de Groupe 1.
Vos
réactions,
recueillies sur notre Forum,
par ordre chronologique inversé
1) Points de vue anonymes reçus depuis le lancement du
forum
-
Pourquoi changer
- Est-ce une bonne chose de demander l’avis de tous sur un projet
très technique ?
Cela ne risque t’il pas de déclencher une polémique
qui laissera des traces.
On peut mettre en place et revenir en arrière si le résultat
est mauvais !
- Je suis pour ménager nos athlètes pour développer
des « cracks » et je suis étonné
de lire que les opposants préfèreraient revenir en arrière
en imposant les Poules au mois d’avril ce qui est extrêmement
dur et mal adapté. Je remarque que les détracteurs ne
peuvent se réclamer d’expériences personnelles de
carrières exemplaires.
-
Je trouve inutile de vouloir changer le programme. Ceux qui ont des
petits chevaux ne sont pas concernés Je préférerais
voir enfin les allocations faire un bon en avant à tous les niveaux.
- Pourquoi rompre avec la tradition en changeant la distance du Derby
Français ? Ne peut on remonter l’allocation en restant
comme avant ?
- Je ne suis pas très pour les grands changements, mais je suis
ébranlé par les positions des grands noms qui les défendent
dans Paris-Turf. Ce ne sont pas des excités et ils connaissent
bien les parcours et les implications. Les opposants me paraissent plus
des théoriciens ou des aigris.
2)
Points de vue signés reçus depuis le lancement
du forum
- Le profond chamboulement du GALOP ne m'intéresse pas
(Eric Lemaitre, le 19/10/04)
Je pense que beaucoup d'éleveurs sont comme moi. Ils ne savent
pas s'il faut mieux donner 1 million d'euro à l'AGA KHAN, aux
MAKTOUM, NIARCHOS, LAGARDERE ou tout autre personne dans le besoin.
-
Les courses et l'élevage français plus forts (Tony Clout,
le 16/10/04)
Le point de vue d'Eric Blaisse est comme toujours très intéressant,
et sa suggestion bien tentante, mais il existe un droit de véto
au comité des Patterns qui régit les
courses de groupe en Europe, et les Irlandais ne nous laisserons jamais
faire concurrence directe fin juin à leur Derby. L'exposé
de Louis Romanet sur Equidia jeudi était très complet
et surtout très clair. Je suis persuadé comme lui que
cette réforme rendra les courses et l'élevage Français
plus forts, sans rien bouleverser d'essentiel. Le déplacement
du Jockey Club et du Diane à Longchamp,si l'on avait fermé
le champ de course de Chantilly il y a quelques années, aurait
par contre changé toute la donne. Avec 300 mètres de moins,
mais toujours sur la même piste, le prix du Jockey Club ne perdra
rien de sa sélectivité, et gagnera à coup sûr
quelques partants de classe.
-
Interversion des dates du Jockey-Club et du Grand Prix de Paris (Eric
Blaisse, le 13/10/04)
Je voudrais apporter une modeste contribution au débat qui oppose
actuellement les « anciens » aux « modernes »
dans la querelle de l’évolution du programme classique.
Pourquoi n’intervertirait-on pas, tout simplement, les dates du
Prix du Jockey-Club et du Grand Prix de Paris ?
Le Grand Prix de Paris se disputerait le premier dimanche de juin, sur
2000 m., à Longchamp, et le Prix du Jockey-Club trois semaines
plus tard, sur 2400 m., à Chantilly, chacune de ces deux courses
conservant son nom et sa distance actuelle. Le Grand Prix de Saint-Cloud
serait réservé aux chevaux d’âge, début
juillet, sur 2400 m., ou serait couru deux semaines plus tard si l’on
souhaite qu’il continue de permettre à ceux qui le désirent
une première grande confrontation entre les trois ans et les
aînés sur la distance classique.
Ainsi, on ménagerait une meilleure progression dans le programme
classique, comme le réclament les « révolutionnaires »,
mais le vainqueur du Prix du Jockey-Club n’aurait pas à
guerroyer en plein été pour prouver qu’il tient
les 2400 m., comme le craignent les « conservateurs ».
-
Le point de vue des Eleveurs (Laurent Broomhead - 13/10/04)
La réunion du Comité des éleveurs (dont je suis
membre élu) a permis un tour de table des points de vue le 12
octobre. Sans dévoiler de secret, on peut dire qu'une nette majorité
a dit clairement non à la réforme, avec deux types de
raisons : ceux qui ne veulent pas qu'on touche à la distance
du Jockey-Club ; ceux qui pensent qu'il faut en parler mieux avant,
et donc repousser au moins d'un an la réforme.
La synthèse publiée par communiquée de presse peut
se résumer ainsi : 1) Pas de nécessité de changer
un programme qui marche 2) Le souhait d'étudier un retour au
programme d'avant 1986 3) L'objectif de remonter considérablement
l'allocation du Jockey-Club pour faire concurrence au Derby d'Epsom.
Dans ce débat fort interessant, certains se sont abstenus faute
d'information suffisante. D'ailleurs aucune consultation de la base
n'a été organisée ou ne le sera vraissemblablement…
Me plaçant sur le plan de la communication, j'ai tenté
d'expliquer comment la lutte contre le Derby était aujourd'hui
perdue d'avance, et comment il y avait là une opportunité
historique de refaire de notre Jockey-Club un événement,
et de lui trouver un sponsor pour augmenter l'allocation.
Certains pourraient dire : "Messieurs les anglais, tirez les premiers".
J'ai souligné que pour une fois nous avions l'occasion de changer
le cours de l'histoire, un peu comme quand en 1920 l'Arc fut créé.
Et c'est un anglais de sang qui parle.

Le
point de vue de la présidente des Actionnaires du Galop
par Corine Barande-Barbe
La
réforme du programme classique :
Révolution ? Non !Evolution…
Objectif : préserver les poulains de 3 ans, leur donner
la chance d’arriver en harmonie à maturation pour les grands
affrontements sur 2400m. Adapter le programme classique de printemps
à l’évolution incontournable de nos courses depuis
20 ans et faire sortir notre Jockey Club de l’ombre du Derby d’Epsom
pour devenir un grand rendez vous International au plus haut niveau.
C’est une opportunité extraordinaire de hisser nos classiques
au sommet européen :
- Courir le Jockey Club sur 2100m, rehausser sa dotation de 1.1M€
à 1.5M€
- Créer un nouveau Groupe 1 réservés aux 3 ans
sur 2400m dotés de 0.8M€ au mois de juillet
- Instaurer un Bonus de 1M€ pour les gagnants du Jockey Club ou
Diane qui réaliseraient le doublé !
L’évolution du Prix Jean Prat sur 1600m à la fin
juin est un moyen d’éviter la spécialisation et
de révéler le talent multi faces de nos champions. Cette
réforme fondée sur une progression plus harmonieuse retrouve
les qualités d’un programme ancien, perdues au fil de modifications
ponctuelles et offre l’occasion de confronter les poulains sur
des distances différentes avec un retour possible au mile pour
favoriser l’ambition et la révélation de vrais champions.
LE MONDE CHANGE
Depuis 20 ans, le programme de l’automne s’est complètement
transformé : l’Arc est désormais suivi de la
Breeder’s Cup et de nombreuses opportunités extraordinairement
bien dotées à Tokyo, Hong Kong, Singapour et Dubaï.
Les objectifs ont changé ainsi que les priorités.
Le programme des deux ans a aussi considérablement évolué,
permettant aux chevaux français de ne plus être aussi souvent
devancés par les britanniques à deux ans. Les premières
générations de la nouvelle formule ont conservé
leur suprématie à 3 ans et plus tard.
Les réflexes des investisseurs se sont adaptés et la recherche
de la vitesse a influencé de nombreux choix au niveau de l’élevage.
Cette évolution n’a pas raccourci nos champions, elle les
a rendus meilleurs de 1200 à 2400 m.
Les résultats des bonnes courses de stayers montrent que la grande
tenue est loin d’être l’apanage des français.
Si le marché ne doit pas dicter le programme, il serait déraisonnable
de ne pas observer les comportements pour en tirer des enseignements.
Un tel aveuglement mènerait les courses françaises à
leur perte, aussi sûrement que le protectionnisme dans le domaine
économique. le Hit parade des saillies parle de lui-même…
A tous les niveaux d’investissement, les utilisateurs ont compris
que sans vitesse, il n’y a pas de grands chevaux, sur quelque
distance que ce soit. Ils savent que courir « trop long-trop
tôt » pénalise le mental et le physique des
chevaux.
Je veux croire que les farouches opposants à cette réforme
ne l’ont pas entièrement analysée, car loin d’enfermer
nos 3 ans elle leur ouvre des portes et prône une progression
que l’on ne peut que souhaiter compte tenu de la richesse du programme
international.
Epsom ne peut offrir un départ sur 2100m, est-ce une raison valable
pour que tous les derbys européens se courent sur 2400m ?
La réforme amène les poulains du Jockey Club à
courir sur la même distance que les pouliches du Prix de Diane.
Si les Oaks britanniques et irlandaises se courent sur 2400m, les 2100m
historiques du Prix de Diane ne choquent personne. Le prix de Diane
réalise un sans faute incontestable : en termes de niveau,
de succès, de renommée, d’affluence ou de sponsoring.
Il convient de réfléchir à l’intérêt
d’en rapprocher le classique des mâles.
Les pouliches de la Poule d’Essai se retrouvent régulièrement
dans le Prix de Diane : leurs tentatives en relèvent à
la fois l’intérêt et le rating et ne les empêche
absolument pas de poursuivre leur progression jusqu’au Vermeille
et au delà. Dans l’hypothèse où elles ne
s’adaptent pas au rallongement de la distance, elles n’ont
aujourd’hui qu’une voie : affronter les aînés
à Deauville sur la ligne droite. Le Jean Prat nouvelle formule
leur offrira une alternative indispensable.
Certains champions, survolant leur génération, se sont
remis de l’expérience Jockey Club, mais s’apprêter
pour courir 2400m début juin peut laisser des traces… Il
suffit d’observer les parcours atypiques provoqués par
un programme trop directif : de grands professionnels soucieux
de ne pas bousculer des poulains « en devenir » évitent
la case Jockey Club pour arriver au top le jour de l’Arc de Triomphe.
La réforme veut faire de notre Derby un objectif qui n’hypothèque
pas l’avenir.
Traditionnellement les courses françaises dormaient en juillet
pendant les grands meetings britanniques, pour se réveiller en
août à Deauville. Le monde a changé : il est
impensable de ne pas prévoir une progression harmonieuse pour
préparer l’automne tel qu’il se conçoit actuellement.
L’équilibre est fragile et indispensable à la révélation
du plus grand talent.
La France doit s’inscrire dans une appréhension européenne
du programme classique, parce que la France ne veut pas être un
territoire de consolation et doit affirmer sa place de leader.
Saluons la démarche courageuse d’Edouard de Rothschild
le plus jeune président de France Galop. Passionné, homme
de conviction et de dialogue, il est le premier à lancer un débat
sur une modification du programme.
Autrefois, c’est sans consultation que l’on a fait passer
l’ancien championnat des 3 ans, - l’Illustre Grand
Prix de Paris - de 3000 à 2000m puis repoussé les Poules
à la date du prix Lupin. Récemment, le raccourcissement
du Grand Critérium, assorti de la suppression du prix de la Salamandre
et de la création du Critérium International a été
annoncé sans débat ouvert. Les critiques ont été
nombreuses : encre, salive et fiel ont coulé –
la « déroute des chevaux français »
était annoncée ! Les victoires dans cette nouvelle
épreuve d’Act One, Dalakhani et Bago ont prouvé
le contraire.
La réforme nous propose la continuation de ce programme, une
progression/protection de nos athlètes dans un pur esprit de
compétition. Quel paradoxe de l’appeler révolution !
L’analyse du projet finit par convaincre les réticents.
Ses défenseurs ne sont pas des extra-terrestres… Il y a
fort à parier que les résultats prouveront le bien fondé
de cette politique logique et salutaire. Les courses françaises
revendiquent une relance, un renouveau. Voici l’occasion de créer
l’événement !

|